Benbadis "un homme universel et un réformateur par excellence"


CONSTANTINE - L'œuvre humaniste et l'action réformatrice du Cheikh Abdelhamid Benbadis (1889-1940) a permis de "protéger l'identité algérienne" et de "contrecarrer les menées coloniales d'aliénation culturelle visant l'Algérie", a estimé mardi à Constantine l’universitaire et chercheur en histoire de la Révolution algérienne et du mouvement national, Mohamed El Corso.

"L'action de Benbadis avait des caractéristiques qui ont permis au cheikh de mettre en place sa doctrine réformatrice et médiane ayant servi de bouclier contre le maraboutisme qui défigurait l’Islam tout en étant un instrument au service de la domination coloniale, mais également contre le colonisateur et sa volonté d'effacer l'identité, la religion la culture et la langue de la nation", a indiqué M. El Corso au cours d’une conférence organisée à la maison de la culture Malek Haddad de Constantine, à l’occasion de Youm El Ilm (Journée du Savoir).

M. El Corso a, à ce propos, mis en avant l'ouverture du Cheikh Abdelhamid Benbadis sur son époque, sa capacité à s'adapter au contexte politique et sa défense énergique de l'identité nationale et de la oumma algérienne.

L'universitaire est également revenu sur les actions menées par le fondateur de l’Association des Oulémas musulmans algériens (AOMA), son projet d’enseignement, son action pédagogique ciblant la jeunesse, garçons et filles, et sa position à l'égard du projet Blum-violette et sa vaste campagne pour dénoncer les tendances assimilationnistes.

Le biopic "Ben Badis", du réalisateur syrien Basil El Khatib, a été projeté à cette occasion, en même temps qu’une exposition d’effets personnels de l'imam.

Il est à noter que plus tôt dans la matinée, les autorités locales, civiles et militaires, les élus, entourés du frère d’Abdelhamid Benbadis, se sont recueillis sur la tombe de l’imam réformiste.